Après le oui obtenu de justesse fin septembre pour l’achat de nouveaux avions de combat, le Département d’État américain permet aux entreprises d’armement d’entrer en action. L’achat de nouveaux F/A-18 dépasserait toutefois l’enveloppe approuvée par la population, selon un article publié dans La Côte.

Seul le bombardier furtif F-35 entre dans le budget de 6 milliards de francs suisses, selon une publication obligatoire du Département d’État américain au Congrès. Kaj-Gunnar Sievert, responsable de la communication à l’Office fédéral de l’armement (Armasuisse), a confirmé ces informations publiées début octobre par des journaux de Tamedia et CH Media.

Les F/A-18 Super Hornets, plus anciens en termes de type d’avion, coûteraient aux contribuables suisses 7,452 milliards de dollars, selon le constructeur Boeing. Converti au taux actuel, c’est 6,847 milliards de francs. Le package Boeing comprend 36 Super Hornets entièrement équipés et quatre vides.

F-35: moins cher

Les 36 ​​avions furtifs F-35 de Lockheed Martin entièrement équipés et quatre vides coûteraient beaucoup moins cher. Selon les Américains, le gouvernement helvétique devrait débourser 6,58 milliards de dollars (6,04 milliards de francs suisses).

Selon la publication du Département d’Etat américain, le nouveau système de défense sol-air Patriot proposé coûtera 2,2 milliards de dollars (près de 2 milliards de francs suisses), ce qui entre dans les limites du budget. Pour cela, la Suisse recevrait 70 missiles guidés Patriot MIM-104 E.

Selon le porte-parole d’Armasuisse, l’avis du Congrès fixe le montant maximal de l’équipement militaire et le montant en dollars que les États-Unis offriront à un partenaire. Pour la Suisse, cela signifie que le prix de vente après les négociations finales sera inférieur à celui indiqué au Congrès américain.

Aux États-Unis, le Département d’Etat américain est tenu par la loi d’informer le Congrès des transactions d’armes.

Avec bombes

Le Département d’État américain a également approuvé la vente d’armement pour les avions de combat. Ainsi 50 nouveaux missiles air-air Sidewinder, 12 bombes non guidées, 12 bombes planantes guidées et 12 bombes guidées par GPS seront expédiées.

Avec les bombes, l’armée de l’air suisse pourrait à nouveau intervenir dans les combats au sol, peut-on lire dans des journaux de CH Media. Mais le monde politique n’est pas encore convaincu, car avec les bombes non guidées en particulier, il est difficile de les utiliser spécifiquement contre des combattants.

Le porte-parole d’Armasuisse renvoie les opposants aux exigences de la politique de sécurité pour le nouvel avion de combat. Il est expressément mentionné dans ce document qu’en plus de sécuriser l’espace aérien, les avions de combat «doivent également soutenir l’armée par des tirs opérationnels hors de portée de leur propre artillerie et par reconnaissance aérienne».

Depuis que les chasseurs-bombardiers Hunter ont été mis en veille en 1994, l’armée de l’air suisse n’est plus capable de combattre au sol et n’a plus de bombes. L’avion de combat actuel ne peut soutenir les troupes au sol qu’avec des canons embarqués.

Quatre jets en course

Outre les deux avions américains, des avions européens avec l’Eurofighter (Airbus, Allemagne) et le Rafale (Dassault, France) sont en cours d’évaluation. Pour la défense aérienne au sol, il s’agit des systèmes SAMP/T (Eurosam, France) et Patriot (Raytheon, USA).

Le Conseil fédéral devrait annoncer son choix en mai. Dans le message sur l’Armée 2022, il soumettra au Parlement l’acquisition des avions de combat et celle du nouveau système de défense sol-air – pour un maximum de 2 milliards de francs. La livraison de nouveaux avions de combat et du système de défense aérienne au sol devrait avoir lieu de 2025 à 2030.

Source: La Côte